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Dimanche 25 mars 2012 7 25 /03 /Mars /2012 18:54

 

Un solo de danse conçu par Herman Diephuis en collaboration avec son interprète : Julie Guibert

 

Vu au théâtre d'Arles le 16 mars 2012.

 

 

La salle est plongée dans le noir. Silence.

On devine que le rideau s’ouvre puis, progressivement, les projecteurs éclairent le plateau nu.

Pas de décor mais, au sol, un grand carré blanc qui semble flotter dans le noir alentour, vide.


A l’extérieur, à l’angle arrière droit du carré, une silhouette féminine en noir et blanc sort peu à peu de l’ombre, droite, immobile et tendue ; concentrée.


Ni bruit ni mouvement pendant un long moment.

 

A tort ou à raison me revient le souvenir de ce Grec à la nuit tombante, il y a longtemps du côté de Thessalonique, qui s’est levé sous le regard des convives attablés pour gagner le centre d’une piste circulaire et, bras levés dans le silence soudainement installé, s’est mis à danser au son d’une musique qu’il était le seul à entendre.

 

Elle a traversé le carré en diagonale pour rejoindre, d’un pas presque naturel, le coin avant gauche et, à l’intérieur cette fois, elle a esquissé quelques geste : un pied qui recule brusquement, une main qui remonte sur le ventre, la tête qui bascule soudain vers la gauche, comme désarticulée... séquence gestuelle qui servira de leitmotiv tout au long de la première partie de cette performance avant de s'effacer au profit d’un rite plus complexe.

 

Performance ou danse, je laisse les amateurs éclairés trancher. Mais silence quoiqu’il en soit, car si quelques sons, quelques bruits viennent brièvement ponctuer le spectacle ils ne le rythment pas pour autant. La musique est intérieure qui propulse la danseuses sur le carré blanc, l’entrainant d’équilibres miraculeusement préservés - pour ne pas dire sauvés - en déséquilibres acceptés jusqu’à la chute tandis que s'ouvre un espace dont, esquissant des figures ou boxant le vide, elle explore le creux et les dangers.

 

De façon très aiguë ici, la danse, en nous conviant à regarder ce que l’on ne voit pas d'ordinaire, nous fait découvrir ce que l’on ne regarde plus : la geste du corps, son existence brute.

 

Quand le plateau retourne à l’ombre, la danseuse a délaissé les mouvements impossibles et les équilibres instables ; elle ne tombe plus ni ne se jette dans le vide ; elle habite un espace, son espace, qu’elle peuple de gestes doux. De chutes en rebondissements, d’élans en renoncements, elle a trouvé sa place ?

 

Et l’on se dit que la musique pourrait poindre ou un texte se dire, non sans regretter confusément la radicalité du début.

 

Mais c’est fini et en nous laissant le sentiment de ne pas être abouti, le spectacle s'arrête là, au bord de la musique et du sens.

 

La vie même en quelque sorte.

 

Par Entrefilets - Publié dans : Spectacles
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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 23:11

 

799745 Merveilleux Sempé.

 

Fidèle à son sens inné de la discrétion, Sempé s’expose gratuitement à l’Hôtel de Ville de Paris jusqu’au 11 février 2012.

Ce n’est pas la première fois mais il s’agit, cette fois-ci, d’une rétrospective proposant au visiteur de parcourir l’ensemble de l’oeuvre du dessinateur humoriste.

La mise en place de l’exposition, simple mais très bien faite, permet - en dehors des heures d’affluence - une bonne approche des nombreux dessins exposés qu’il faut regarder sans se presser pour en bien profiter. 

Plaisir garanti !

C’est que regarder un dessin de Sempé c’est se retrouver chez soi et entre soi. Au milieu de ses dessins on se sent en famille. Là et là, c’est vous, c’est lui, c’est moi, c’est nous tels que nous sommes derrière nos masques, avec nos failles, nos faiblesses, nos mélancolies et nos bonheurs simples.

 

Et puis il y a le monde et surtout la ville - bien qu’il y ait aussi des arbres, des plages de sable fin, la mer et la campagne. Un monde fondamentalement humain qui, s’il n’est pas toujours aménagé par et pour l’homme ne lui est jamais «inapproprié». 

 

Dans ce monde, que Sempé dessine comme par en dessous ou de très loin, nous sommes toujours là, invisibles parfois mais jamais cachés ; tout petits sans doute mais pas en situation de faiblesse et, à notre manière, contents d’être là, à l’image de cet homme au sourire discret qui, en nous regardant du haut d’un balcon hausmanien, donne sens aux perspectives architecturales que trace Sempé d’un crayon sûr.

 

Regardez-le. Voilà un petit homme, capitaine sur sa dunette ou - mieux - proue de son navire qui affirme sans emphase mais non sans un évident plaisir sa présence au monde ; une présence infime mais porteuse de sens qui prête à sourire mais nous réconcilie avec la vie. On est bien peu de choses, mais ce peu n’est pas rien. 

 

Nous sommes petits, mesquins, pusillanimes, pleins de défaut et, pour tout dire, le plus souvent ridicules. Mais ramenés à leur juste échelle dans les dessins de Sempé nos travers perdent en importance et acquièrent une sorte de légèreté qui nous réconcilie avec nous-même et avec le monde.

 

Du coup, nous rions de nous, mais avec tendresse.

 

Et c’est un fait que rarement exposition a fait naître tant de sourires sur les lèvres des visiteurs et tant de connivences entre eux. Parfois un rire éclate, irrépressible, mais le plus souvent c’est une douce émotion amusée qui prime et que l’on partage.

 

C’est qu’il est émouvant le monde de Sempé, un monde à la fois absurde et léger, désuet et terriblement quotidien. Non pas le monde brutal et insensé dans lequel nous nous projetons, mais le monde dont nous aimons nous souvenir, où tout fait sens et parle de nous. Un monde dans lequel nous ne sommes presque rien mais auquel nous ne sommes pas étrangers.

 

Sacré Sempé ! L’air de rien et sous couvert de nous remettre malicieusement à notre place il démontre que nous ne faisons qu’un avec ce monde qui nous dépasse et dans lequel nous nous débattons. Il nous réconcilie non seulement avec ce que nous en avons fait : les immeubles, les ponts, les autobus... mais aussi avec la nature à laquelle nous nous découvrons liés plus qu’enchainés.

 

En nous faisant sourire et même rire, mais sans crainte, il ne nous rend pas moins tristes mais plus gais ; il ne gomme pas l’angoisse d’être là mais la rend supportable et, stricto sensu, souriante.

 

Sempé dessine le bonheur de nos destins anodins. Et ça fait du bien !

 

Dépêchez-vous d’en profiter !

 

 

Par Entrefilets - Publié dans : Expos
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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 22:39

La première chose que j'ai découverte, en visitant l'exposition Mondrian/De Stijl c'est que sa démarche est directement liée à celle du mouvement incarné par la revue De Stijl et par son fondateur : Theo Van Doesburg.

Je suis allé, par la suite, de surprise en émerveillement et suis sorti de cette exposition avec le sentiment d'avoir enfin découvert Mondrian et de mieux apprécier et comprendre l'un des pionniers de la peinture abstraite.

Pour une visite virtuelle, hélas bien incomplète à mon goût, je suggère de regarder la vidéo ci-dessous.

 

 

Et pour mieux comprendre la démarche de Mondrian et cette idée de "rapport" qui en constitue le fil directeur, on peut faire un détour par ici

 

Moi qui ne suis pas un spécialiste, je me suis surtout intéressé à l'évolution de Mondrian et j'ai vu cette exposition comme le passage, ou plutôt son passage du figuratif à l'abstrait.


Au début, on voit des paysages et des arbres, où l'on imagine l'influence du fauvisme de Matisse et de l'expressionnisme de Van Gogh, mais qui sont peu à peu comme "travaillés" par l'approche théosophique véhiculée, entre autres, par la revue De Stijl. Une approche qui renvoie à la conception d'un cosmos ordonné selon des principes géométriques et des proportions systématiques.

Les compositions de l'école "proportionniste" hollandaise qui sont montrées dans la première partie de l'exposition sont assez explicites de ce point de vue et m'ont permis de comprendre (?) comment Mondrian a pu passer de la représentation de "La forêt près de Oele" aux troncs verticaux fortement accentués et aux couleurs non pas réalistes mais expressives du ressenti de l'artiste, peint en 1908, au "Tableau I, avec rouge, noir bleu et jaune" peint en 1921.

Les façades d'églises 1 et 6, installées côte à côte, sont elles aussi révélatrices de cette radicalisation de Mondrian qui abandonne la figuration pour se concentrer sur l'architecture des choses mise en évidence par les traits noirs verticaux et horizontaux tandis que les aplats de couleurs lui permettent d'induire une tonalité affective totalement subjective.

Le cubisme, mais un cubisme dépouillé à l'extrême, apparait comme un support essentiel dans cette démarche qui conduit Mondrian - il le dit lui-même - à ne plus peindre que les "rapports" qui architecturent toutes choses. A tel point, me semble-t-il, que les couleurs sont progressivement refoulées à la périphérie des oeuvres de Mondrian.

 

Un peu en marge de ce travail Mondrian me semble tenté par une approche de cette "quatrième dimension" qui fascine littéralement Theo Van Doesburg dans les années 20 et dont l'oblique, la diagonale serait un révélateur. C'est comme ça que je comprends la mise sur la pointe de certains tableaux de Mondrian qui s'accompagne d'une quasi disparition de la ligne orthogonale. Nous sommes très proche du tableau blanc sur fond blanc de Malevitch où s'exhibe ce qui n'a pas de nom et qui se cache derière l'orthogonalité des choses...

 

Les dernières oeuvres de Mondrian où la couleur réapparait, non plus sous forme d'aplats mais en se substituant aux traits noirs, m'ont laissé perplexe. C'est comme un nouveau monde et c'est, d'ailleurs, du Nouveau Monde, si différent de notre vieille Europe hellénisante, que nous arrive ces tableaux dans lesquels Mondrian s'intéresse - c'est en tout cas l'impression que j'ai eue - à la superficialité, mais une superficialité dont l'homme est absent.

L'indépassable superficialité des choses ?

 


 

 

 


Par Entrefilets - Publié dans : Expos
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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 16:31

 

 

Même si je m’y sens un peu oppressé et comme englouti sous des milliers de destins croisés mais inconnus, je ne déteste pas le Métro. Il y a du mystère à plonger sous terre, se faufiler à travers des boyaux lugubres et refaire surface plus loin, ailleurs.

C’est un peu comme les souterrains qui me faisaient rêver jadis ; des chemins secrets reliant sans notion de distance ni de temps des lieux que rien ne devait rapprocher, passage magique entre des mondes opposés : le lycée des garçons et celui des filles, le couvent des moines et celui des ursulines, notre univers et d’autres espace-temps…

Pour moi, le Métro de Paris c’est tout à fait ça. Vous vous enfoncez gavroche à Ménilmontant et vous réapparaissez flâneur ailleurs.

 

Ce jour-là, c’est place du Palais Royal que je décidais de faire surface.

 

Il pleuvait et dans l’étroit escalator qui ressort coté pair les Parisiennes en ouvrant leur parapluie faisaient, au-dessus de moi, comme une éclosion de corolles multicolores.

 

J’avais un but, une destination qui affermissait mon pas et c’est sans hésitation que, longeant la Comédie Française, je m’engouffrais dans le Jardin du Palais Royal non sans m’autoriser le plaisir enfantin de traverser en diagonale les colonnes de Buren.

 

J’aime la poésie retrouvée de cette cour délivrée des automobiles qui autrefois la défiguraient.

 

Évitant le côté presque exclusivement réservé à la numismatique, je longeais la Galerie de Valois en admirant les vitrines colorées que leur luxe rend quasi improbables tout en lorgnant du côté de la galerie Montpensier où Cocteau (dont il est question )vécut longtemps.

 

Ensuite, c’est tout naturellement que traversant la rue de Beaujolais je fus comme aspiré le long des marches qui conduisent au passage des Deux Pavillons.

 

J’étais presque arrivé.

Mais n’étant pas pressé je ne me refusais pas le plaisir d’emprunter, un peu sur ma droite, la Galerie Vivienne qui, au milieu de biens des splendeurs, cache une librairie que j’adore.

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Quelques pas encore et je me retrouvais en face des anciens locaux de la Bibliothèque Nationale en pleins travaux de rénovation et tout encombrés de bâtiments préfabriqués.

 

Il n’était pas dix heures et j’arrivais trop tôt pour visiter l’exposition qui m’avait attiré jusqu’ici.

 

« Allons voir combien la Seine est haute » me dis-je, « on parle de crue. ».

 

Et me voilà reparti, le cœur léger, le nez au vent – glacial ce jour-là.

 

Ne voulant pas reprendre le même chemin, je m’engageais dans le Galerie Colbert pour en admirer la magnifique rotonde. eEn ressortant rue des Petits Champs je tournais à gauche et, non sans admirer au passage la perspective sur la Bourse offerte par la bien nommée rue de la Banque, je  me dirigeais vers  une place dont, à mon sens, on ne parle pas assez : la Place des Victoires.

 

Je ne me lasse pas de l’admirable circularité de cette place à l’architecture soignée conçue par Jules Hardouin-Mansart en 1685 dont la taille me paraît juste appropriée au marcheur qui contourne la statue équestre du Roi Soleil réalisée par Bosio en 1822 qui, après bien d’autres, a fini par remplacer celle, en pied, de Desjardins qui a été fondue en 1792... Un exemple d’équilibre au milieu d’un quartier très chic mais néanmoins sympathique où se croisent en oblique tout un lacis de petites rues paisibles.

 

Prenant la rue Croix des Petits Champs qui évoque pour moi des souvenirs anciens illuminés d’insouciance, je fis un détour vers la Bourse du Commerce et de l’Industrie pour en admirer la façade et me retrouvais Place des 2 Ecus où débouche depuis longtemps une rue que tout marcheur impénitent ne peut que vouloir prendre : la rue Jean-Jacques Rousseau.

Là se trouve, sourire du contingent, le Bureau des Voyages de la Jeunesse (http://www.bvjhotel.com/).

Une adresse qui mérite d’être connu.

 

Mais poursuivons.

 

J’accélérais le pas, enchanté à l’idée de traverser la rue de Rivoli que personnellement je n’aime pas pour gagner, par le Jardin de l’Oratoire, la Cour Carrée du Louvre délicieusement vide par ce matin froid.

 

Arrivé au centre de cette cour que l’on doit à Louis XIV, je pris le temps d’admirer sur ma droite l’inoubliable perspective que laisse deviner, à travers leur transparence quadrillée, les pyramides vitrées de la Cour Napoléon conçues par l’illustre Leoh Ming Pei.

 

Comme chaque fois, je me suis surpris à sourire en pensant que, dans mon esprit, cette perspective fuyant à travers le jardin des Tuileries, la place de la Concorde et les Champs-Élysées jusqu’à l’Arc de Triomphe va même, à la faveur d’une légère distorsion de l’espace (et du temps ?), au-delà de la Porte Maillot tout droit jusqu’à l’Esplanade de La Défense.

 

De l’autre côté de la cour le Jardin de l’Infante, qui n’a pas plus de charme que celui de l’Oratoire, s’ouvre sur les quais et le pont préféré de Vercors et de bien d’autres : le Pont des Arts qu’il m’est totalement impossible, lorsque je suis à pied, de croiser sans le traverser.

 

Aujourd’hui, comme d’autres ponts piétonniers de Paris, ses rambardes grillagées sont surchargées de cadenas accrochés là en signe de perpétuel engagement par les amoureux de Paris. Ce qui m’évoque inévitablement ce chemin qui longe la mer, entre Riomaggiore et Manarola, dans les Cinque Terre dont j'ai conservé le souvenir  ici.

 

Ce qui fait tout le charme du Pont des Arts, le premier pont réservé aux piétons et métallique de Paris construit en 1803, ce n’est pas seulement la vue qu’il offre sur l’Institut de France et sa célèbre coupole sous laquelle se réunit, entre autres, l'Académie Française. 

 

C’est aussi et surtout la vue splendide qu’il offre sur le Paris des bords de Seine.

 

D’un côté, devant le Pont Neuf et partageant la Seine, la pointe du Vert Galant où commence l’île de la Cité hérissée de la flèche de la Sainte-Chapelle et des tours de Notre-Dame.

 

Sur la rive droite, la tour Saint Jacques, les deux théâtres de la place du Châtelet, l’Hôtel de Ville et le clocher de St-Gervais.

 

En aval, le Louvre, le pont du Carrousel, un petit bout de l’obélisque qui domine la place de la Concorde et, magnifiques depuis qu’elles ont été restaurées, les verrières du Grand Palais dont la transparence retrouvée reflétait ce jour-là les nuages qui recouvraient Paris.

 

J’aurais pu rester là longtemps à admirer le paysage dans le froid et le vent si une petite voix, du fond de ma mémoire, ne m’avait pas rappelé à mon projet initial.

 

Je suis donc reparti vers la place du Carrousel ; j’ai traversé la place Colette (qui vécut longtemps et mourut non loin de là, au numéro 94 de la galerie de Beaujolais) puis, remontant la rue de Richelieu, j’ai emprunté le passage Hulot (vous avez remarqué combien j’aime les passages ?) pour rejoindre la rue de Montpensier. J’avais retrouvé ma destination : l’exposition proposée par la Bibliothèque Nationale, 5 rue Vivienne sur laquelle je reviendrai peut-être un autre jour.

 

J’en suis ressorti trop ébloui pour ne pas plonger à nouveau dans le Métro et ses étranges boyaux qui m’ont reconduit, ailleurs et plus loin, jusque dans mes quartiers populaires.

 

 

 

 

Par Entrefilets - Publié dans : Promenades
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Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 22:57

La Réunion. 6 

 

Fin 2010, comme les flamboyants fleurissaient et les litchis arrivaient à maturité annonçant Noël aux réunionnais, nous nous sommes envolés vers l’Ile Intense où nous sommes restés quinze jours.

 

La Réunion. 5

 

Est-ce la neige dans le jardin ou le feu qui ronfle dans la cheminée ? Nous avons envie de vous parler de ce séjour qui nous laisse de très beaux souvenirs et de vous confier nos impressions de « z’oreilles ».

 

C’est au terme d’un long vol de nuit (11 heures sans escale) que nous avons atterri à Saint Denis de La Réunion. Il faisait chaud mais sans excès : 30 ° C et un petit vent d’Est caressait les collines abruptes qui encerclent la ville.

 

 La Réunion. 2JPG

 

Première impression : si loin soit-on de la métropole, ça respire la France, la France métropolitaine du Sud ; et cependant La Réunion c’est différent.

 

La Réunion est une île française des antipodes à l’exotisme réel mais discret dont les habitants, pour la plupart d’un abord aimable, aiment expliquer aux « z’oreilles » attentives la faune,  la flore, la cuisine et les usages ; ce qui est bien agréable.

 

 La Réunion

 

La Réunion, ce sont des hommes et des femmes venus des quatre coins du monde qui habitent une île escarpée à la fois accueillante et inquiétante - un paradis dangereux inondé de soleil et de pluie. Une population, comme nous le disait un homme du pays, « qui revit la création du monde à chaque éruption du piton de la Fournaise ».

 

 La Réunion. 3

 

Cette île, qui n’était pas peuplée lorsque le portugais Pedro Mascarenhas y débarqua vers 1516 et ne l’était toujours pas lorsque le commandant Salomon Goubert (un normand) la déclara française en 1638, a été colonisée par des forbans, des mutins, des malades, des femmes de mauvaise vie et, surtout, des esclaves : les Cafres importés de Madagascar, du Mozambique, de Somalie, de Tanzanie… puis des « engagés » : les Malabars (souvent des Tamouls en fait) et les « z’arabes » venus des Indes, sans oublier les Chinois. Il y a même, depuis peu, des Comoriens dont les femmes se reconnaissent à leur masque de santal sur le visage…

 

C’est une île où les principales religions du monde : christianisme, animisme, hindouisme, islam, bouddhisme et confucianisme (pour les citer approximativement dans l’ordre d’arrivée) se côtoient sans heurts et s’interpénètrent parfois.

 

Une île où les  Yabs  (Petits Blancs) comme les Gros Blancs, les Cafres, les Malabars, les Z’arabes , les Chinois, les Malgaches et les Comoriens, dès lors qu’ils sont nés sur l’île de parents Réunionnais, se reconnaissent comme Créoles et se métissent.

 

Une île jeune et volcanique surgie de l’Océan Indien il y a trois millions d’années seulement qui, à la faveur des éruptions du piton de la Fournaise, continue de grandir (30 ha en 2007, 24 en 2005…) et ne connaît d’autre prédateur que l’homme.

 

Une terre magnifique à la végétation luxuriante et aux parfums enivrants.

 

 La Réunion. 8La Réunion. 7

 

 

 

 

Bref, une île qui a de quoi intriguer et intéresser les voyageurs de passage.

 

Un peu fatigués par le voyage nous avons consacré notre première journée à nous acclimater et nous sommes allés nous baigner sur la côte ouest, découvrant du même coup entre Saint Denis et Saint Louis la « Z’oreille land » ainsi nommée parce que c’est là que vivent la plupart des « métros » » (les métropolitains que les créoles appellent irrévérencieusement des "z'oreilles" parce qu’ils les ouvrent toutes grandes pour comprendre le parler local)...

 

 La Réunion. 9

 

Par entrefilets.over-blog.com - Publié dans : Voyages
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